Neuvier
NEUVIER
TOPONYMIE
Neufvye (1562), Neufvie (1667), neuvie (XVIII ème siècle)
CADASTRE
Premier cadastre établi en 1830. Territoire communal de 543 ha (1962).
HAMEAUX ET ECART
Montprevoir, Le Grand Montvallon, La cernière et le val de Neuvier.
Situé à 713 mètres d’altitude à l’ancienne mairie, le village de Neuvier est construit sur un haut-plateau jurassien qui surplombe les vallées du Doubs (de Saint-Hippolyte à Pont-de-Roide) et du Dessoubre.
Neuvier ou neuf vie, comme son nom l’indique veut dire : chemin neuf ou nouveau chemin. A l’origine, probablement à l’époque de la construction de l’église paroissiale de Chaux-lès-Châtillon, seul le château existait. En 1574 à l’époque de la domination espagnole, l’ancien château sur le frontispice duquel on pouvait lire le mot « Colard » a été démoli et sur le même emplacement s’est élevé le château actuel qui par sa construction rappelle en certains endroits le style espagnol (cf château Neuvier).
Village cul de sac, sans église ni rivière, Neuvier n’est qu’un gros hameau formé de quelques fermes anciennes et de sa maison forte. Cette bâtisse imposante, percée de quelques fenêtres à meneaux, était sous l’Ancien Régime, la propriété de la famille Colard qui l’appelait « La Grosse Maison ».
Sur le territoire de Neuvier se trouve la grotte de la Cernière l’une des plus curieuse du pays. Plus loin le visiteur est arrêté par une brusque descente que l’on franchit au moyen d’un arbre dont on a élagué les branches en formes d’échelons. Alors on découvre une immense chambre formant un losange. Enfin après avoir traversé plusieurs blocs de rochers on arrive à une belle galerie dite : la chapelle gothique. Au fond une ouverture malheureusement trop petite pour livrer passage au touriste permet de découvrir une seconde galerie encore plus curieuse que la première.
HISTOIRE
Si la majeure partie du village relevait de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche, diverses familles nobles possédèrent des droits féodaux à Neuvier. Au début du XVI ème siècle, la chevance de Sauvigney, propriété de Jean de Beaumotte, écuyer, comprenait des dîmes sur quelques terres de la communauté, une autre partie de ce fief échut à Françoise, fille de Jean Brenot, seigneur de Provenchère, qui épousa Nicolas Lulier (né en 1501). Leur fille, Marguerite Lulier, dame de Laviron et de Sauvigney, l’apporta en dot à François Huot, seigneur D’Ambre.
Dès lors, la famille Huot d’Ambre (dont une branche se fit appeler Huot de Neuvier) posséda des droits dans le village dès le début du XVIII ème siècle.
Enfin, le meix Boillet (alias Bouellet) était en 1634 d’une cense financière du profit des hoirs de messire François de Vallangin, ancien capitaine-châtelain de Châtillon-sous-Maîche.
Au XVIII ème siècle, la chevance de Sauvigney devint la propriété de la famille Faivre de Courcelles.
Lorsque les troupes lorraines passèrent par Saint-Hippolyte et Chaux-lès-Châtillon, « lieux fort montagneux et quasi inaccessible », pour préparer l’invasion du comté de Montbéliard, le duc de Guise et le marquis de Pont établirent leur quartier général à Neuvier dès le 9 janvier 1588. Le marquis de Pont y reçut une députation de Jacques-Christophe de Blarer, prince-évêque de Bâle.
Deux familles ont marqué l’histoire de Neuvier. La première, les Colard, notaire, fut instituée procureur fiscal de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche par la roi Philippe II d’Espagne. Les descendants de ce personnage, pour la plupart juristes, donnèrent plusieurs officiers (juges, procureurs, banneliers, receveurs et amodiateurs) aux seigneuries de La Roche-Saint-Hippolyte, de Vaucluse et de Mandeure.
La seconde était originaire de Peseux : François-Xavier Thièbaud hérita vers 1799 de divers biens à Neuvier (maison, terres, moulin, et tuilerie). Il s’installa dans ce village et en devint maire de 1812 à 1835. Son fils, François-Généreux Thiébaud, époux de Jeanne-Véronique Garessus, fille du châtelain de Courcelles-lès-Châtillon, lui succéda comme maire de 1836 à 1840, avant de laisser le flambeau à son propre fils, Prosper-Auguste Thiébaud qui sera maire pendant la guerre de 1870 et jusqu’en 1881. Les fils de ce dernier quittèrent Neuvier au début du XX ème siècle.
ECONOMIE – SOCIETE
Sous l’Ancien Régime, les habitants, de franche condition depuis le XIV ème siècle, étaient sujets des seigneurs de Châtillon-sous-Maîche. Retrahants au château en cas de guerre, ils devaient annuellement quatre gros par charrue, une poule à la Saint-Pierre, deux quartes de froment à la Saint-Martin d’hiver (pour les quartes de four), deux engrognes d’argent, les « aveneries », les charruages et des corvées de moisson à Mandeure et à La Fresse. Vers 1635, les Colard, qui possédaient le meix Frouhard, payaient aussi huit sols de cens foncier.
Au XVII ème siècle, des fermiers de la famille Colard élevaient des chevaux vendus pour la plupart dans la principauté voisine du prince-évêque de Bâle. Cet élevage cessa à la fin du siècle suivant. Le cheptel, modeste, ne comprenait que soixante-quatorze bêtes à cornes et soixante-dix-sept moutons en 1688, quatre-vingt-onze bovins, vingt porcs et cent vingt-six moutons en 1795.
Les cultures céréalières complétaient les ressources agricoles : trois cent dix mesures et demie de froment, quatre cent quatre et demie d’avoine et cinquante-six mesures et demie d’orge récoltées en 1793.
Deux fromageries, créées entre 1847 et 1856 produisirent pendant quelques années 4000 à 6000 kg d’emmenthal vendu à Montbéliard et à Besançon. Elles disparurent vers 1880.
HISTOIRE RELIGIEUSE
Village sans église, Neuvier relève dès le XII ème siècle de l’église-mère de Chaux-lès-Châtillon. La famille Colard y possédait des droits de sépulture dans la chapelle Saint-Hubert (en entrant dans l’église à gauche).
En 1785, sœur Marie-Elisabeth Colard, de Neuvier, religieuse de Sainte-Claire à Besançon, offrit un fragment de la Vraie Croix à l’église paroissiale.
