située en Franche-Comté dans le département du Doubs

Maison forte

 

Datant de la fin du XV ème siècle ou du début du XVI ème, la « grosse Maison » de Neuvier (appellation attestée dès le XVII ème siècle) a été la propriété de la famille Colard puis de ses descendants. Cette famille a compté des banneliers de la seigneurie de Châtillon, des notaires, des avocats et des médecins.

Notamment Grand-Claude Colard est marchand à Neuvier, dans le premier tiers du XVI ème siècle et son petit–fils Thiébaut est notaire puis procureur du roi Philippe II et les Colard des siècles suivants assurent des charges judiciaires et militaires au château de Châtillon.

L’histoire de cette famille et les différentes étapes de l’édification du monument nous sont connues par un fonds d’archives très abondant dont l’essentiel a été publié par le Dr J-M Thiebaud.

L’édifice a été occupé régulièrement jusqu’au troisième quart du XX ème siècle, étant utilisé comme ferme jusque dans les années 1950.

La Grosse Maison est constituée d’un corps de logis allongé d’Est en Ouest, long bâtiment de trente mètres sur dix et d’une grange carrée de même superficie qui lui est accolée.

Elle a été construite en plusieurs campagnes entre le XVI ème et la fin du XVII ème siècle. Entre 1671 et 1683 notamment, d’importants travaux ont été réalisés par Pierre Colard : construction d’un escalier rampe sur rampe, aménagements intérieurs. Il semble que ces travaux ont concerné la partie centrale du bâtiment réunissant deux pavillons plus anciens situés aux extrémités :

                        – à l’Ouest, datant du premier quart du XVI ème siècle (ou même plus ancien), les restes d’un logis seigneurial qui fut transformé en chambre mortuaire puis en forge.

                        – à l’Est, dernier quart du XVI ème siècle, une chambre basse dite du Docteur Colard, mais surtout une chambre haute très spacieuse à la décoration plus soignée et qui a gardé ses enduits d’origine.

Le bâtiment comporte deux caves voûtées en berceau taillées dans la roche (celle située à l’est abrite encore une grande table de pierre)

La façade Sud présente des percements irrégulièrement disposés, les plus anciens à chacune des extrémités, baies à meneaux et croisillons avec un linteau en accolade, les autres plus récentes, correspondant à la campagne de travaux du dernier quart du XVII ème siècle rectangulaires avec chambranle plat. 

A l’angle Sud-Est, on remarque des bossages, sans nécessité architecturale ni utilité défensive et qui semblent être des pierres propitiatoires.

La façade Est a conservé ses grilles anciennes et un linteau de porte avec le millésime 1574.

On pénètre dans le corps du logis par un sas qui comporte une ouverture de tir qui battait l’ensemble du couloir rejoignant la façade Est.

Dans la cuisine on découvre une cheminée à hotte et des vestiges de structures plus anciennes : colonnes et arcs.

Derrière la cheminée se situait le poêle chauffé par le rayonnement de la plaque à feu. A l’Est on retrouve la grille très ouvragée et une cheminée à hotte en pierre qui comportait autrefois une plaque portant le millésime 1735 et les initiales J.P.C. La pièce Ouest, un peu surélevée, montre toujours un pied-droit de cheminée figurant un visage de profil ainsi qu’une baie à coussiège et des niches dans l’épaisseur du mur.

On remarquera les plafonds à la française très bien conservés dans les pièces centrales, dégradés par les intempéries aux deux extrémités là où le toit avait disparu avant les réfections récentes.

Au premier étage, l’ordonnancement des pièces a été modifié au XIX ème siècle, sans doute lorsque Hubert Boudreaux a supprimé l’escalier rampe sur rampe (dont seuls les corbeaux de pierre témoignent de l’emplacement) le remplaçant par un autre escalier parallèle aux goutterots.

A remarquer sur les crépis des baies Sud, des restes de faux-joints, sans doute du XVI ème siècle.

Les combles gardent dans leur partie centrale des restes de la charpente primitive dite à chevrons formant ferme. La couverture a dû être à une époque en lave.

La grange comportait une étable pavée en rez-de-chaussée et un vaste grenier à foin accessible par deux portes en anses de panier, aux chambranles chanfreinés, percées dans le mur pignon donnant sur le parc.

Les bâtiments ayant été délaissés dans le dernier quart du XX ème siècle, les intempéries ont amené des dégradations majeures avec notamment l’effondrement du toit de la grange ainsi que celui de la croupe Ouest du corps du logis. Il a été néanmoins inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1998.

Les travaux de restaurations ont débuté en 2003, permettant la mise hors d’eau de l’ensemble du corps de logis, le dégagement des gravats encombrant la grange, ainsi que la réhabilitation des pièces d’habitations. La consolidation de l’angle Nord-Est a été réalisée en automne 2004. De nombreux travaux sont en cours et ceci pendant encore un certain nombre d’année.

L’avenir …une association créée pour la restauration et la mise en valeur du Château de VALLEROY et de la Maison Forte de NEUVIER ….

ACTA NON VERBA (Agir plutôt que parler )