Eglise
L’église Saint Léger, construite à Chaux-lès-Châtillon, est la fierté des Terres-de-Chaux. Edifiée au XII ème siècle et modifiée aux XIV et XVI ème, elle réunit des restes très authentiques des principales époques de l’architecture religieuse et, est aujourd’hui classée monument historique.
Du XII ème siècle, on trouve les murs du chœur jusqu’à la naissance des voûtes, et peut-être les piliers ronds de la nef avec leur soubassements. Au XVI ème siècle appartiennent les basses nefs, la chaire en pierre sculptée, les voûtes des nefs latérales, la fenêtre de l’abside et le clocher. L’autel du Rosaire et son tableau sont du XVII ème siècle ; du XVIII ème, le plafond de la nef, construit pour cacher l’ancienne charpente et protéger les fidèles contre la rigueur du froid.
Au chœur, du côté de l’épître, deux arcades trilobées, pratiquées dans le mur et couvrant une piscine, sont évidemment du XII ème siècle ; les chapiteaux des colonnettes qui soutiennent les arcades sont ornés, l’un d’un pélican, les autres de fruits. Dans les murs de chaque côté du chœur, sont conservés deux petits pilastres, cantonnés de colonnettes à chapiteaux curieux : l’un orné de feuilles de tussilage ; un autre de feuilles d’acanthe ; un autre de têtes plates. Enfin, en retrait, aux angles du côté de la nef, on voit deux colonnettes engagées avec chapiteaux, également du XII ème siècle.
L’abside était, à l’origine, percée de deux fenêtres latérales, aujourd’hui murées et remplacées par deux niches, renfermant l’une un pape et l’autre un évêque. La fenêtre actuelle du milieu est du XVI ème siècle. Ce que cette époque a laissé de meilleur et de mieux est la nef latérale de gauche, côté de l’évangile. Les nervures des voûtes et les clefs, ornées de sujets variés, monogramme du Christ et armoiries, indiquent un travail particulièrement soigné.
La nef de droite, côté de l’épître, aussi du XVI ème siècle, est moins bien conservée. Elle est partagée en trois parties par des murs épais. Près du clocher, une chapelle fermée par une grille qui a disparu. C’était sans doute la chapelle de la Vraie Croix, de la Vierge et de tous les Saints, fondée en 1528 par Jean Duguez, prêtre, avec chapelain résidant.
Du côté du chœur, une autre chapelle, sans doute celle de Saint-Jean-Baptiste et de Sainte-Agathe, fondée en 1684. Une clef de voûte représente l’emblème de l’Agneau avec la Croix.
Entre ces deux chapelles, il existait une troisième qui sert aujourd’hui de vestibule, et qui paraît avoir été la chapelle des fonts ou le baptistère. La cuve enlevée est déposée à côté, sur le cimetière.
Il y avait dans l’église plusieurs autres chapelles : celles des Saints-Fabien et Sébastien, du Saint Nom de Jésus, de Saint-Antoine, de Sainte-Barbe, patronne des miliciens du château de Châtillon, de Saint-Hubert, patron des chasseurs. Cette dernière, fondée par la famille Colard, de Neuvier, était adossée au mur, au bas de la nef de gauche en entrant.
Le XVII ème siècle est représenté par un retable en bois, encadrant un remarquable tableau, trop peu connu. Il est signé d’un compatriote, Jacques Courtois, de Saint-Hippolyte, dit le Bourguignon, et maître de l’école française. Mais cette toile a été attribuée à tort ce peintre car elle a en fait été réalisée par son père, Jean. Il représente la Vierge du Rosaire, gracieusement inclinée vers l’Enfant Jésus ; à sa droite, saint Ferréol ; à sa gauche, saint Ferjeux ; à ses pieds, d’un côté, saint Dominique et saint Léger ; de l’autre une sainte avec les stigmates de la Passion. Autour du groupe, les quinze mystères du Rosaire.
Les réparations du XVIII ème siècle, en introduisant un plafond dans la nef principale, ont changé en plein cintre quelques ogives, et ont bouleversé, d’une manière regrettable, le coup d’œil général de l’édifice. Les travaux du XIX ème siècle, grands et petits autels, chemin de croix, ont été exécutés dans le style néo-gothique, imitation du XVI ème siècle. Ce siècle a également été marqué par la restauration des statues et la réparation de l’horloge du clocher.
Au XX ème siècle, de grands travaux ont commencé avec un chantier de quatre ans, débuté en 1984, et qui prévoit la remise à neuf de la toiture en pierre. Ce projet ne manque pas d’intérêt, tout simplement, parce que les toits en pierre, aussi appelés toits en lave ou en lauze, ont quasiment disparu de l’horizon franc-comtois et constituent par conséquent une richesse architecturale indiscutable.
Jusqu’à de récents travaux de réfection des voûtes intérieures du choeur où le plâtre se détachait, on n’imaginait pas que de telles fresques puissent exister dans cette église. Des artisans spécialisés ont enlevé cette gangue au scalpel et ont découvert sous le plâtre du choeur des fresques médiévales du XV ème siècle. La totalité des voûtains du choeur est tapissée d’une magistrale composition du Moyen Age qui développe le thème de la passion du Christ.
Sur l’intérieur de l’arc triomphal qui ouvre le choeur, deux anges déploient un linge rectangulaire qui porte imprimé le visage du Christ : il s’agit là d’une présentation symbolique du Saint-Suaire (un site exceptionnel à visiter Le Suaire de Turin).
Détails des travaux réalisés par l’atelier de restauration ESCHLIMANN et explication de l’iconographie en téléchargeant le fichier PDF (taille : 4,768 Mo)
On remarque encore dans l’église plusieurs statues de bois et de pierre, qu’il n’est pas facile d’identifier.
Dès sa fondation, l’église de Chaux-lès-Châtillon est placée sous le patronage de Saint Léger, martyr très vénéré en Franche-Comté et surtout dans la région de Baume-lès-Dames, où son culte est associé, dès la fin du VII ème siècle, à celui de Sainte Odile, sa cousine, qui a miraculeusement retrouvé la vue dans l’abbaye de cette ville.
A Chaux-lès-Châtillon, une confrérie est établie en son honneur dès le Moyen-Age (1484). Cette confrérie fut très vivace jusqu’au milieu du XX ème siècle.
Le chef reliquaire de saint Léger est une des plus belles pièces d’orfèvrerie de la province, ciselé au XV ème siècle et conservé aujourd’hui dans le trésor de la cathédrale, pour des raisons de sécurité.
Toutefois, à l’occasion de la fête de Saint-Léger, le premier dimanche d’octobre, il fait un voyage annuel depuis Besançon, afin qu’il puisse être vénéré par les paroissiens de Chaux-lès-Châtillon.
A deux kilomètres de Chaux, aux limites du ban de Valoreille, se trouvent une fontaine et un oratoire (construction de 1720) qui lui sont dédiés.
On peut également admirer la statue de la Vraie Croix, envoyée de Rome en 1782, et donnée trois ans après par sœur Marie-Elisabeth Colard, de Neuvier, religieuse de Sainte-Claire, à Besançon.
Les cloches de l’église de Chaux-lès-Châtillon sont aux nombres de trois.
La grosse cloche, pesant 2590 livres, fut bénite le 22 octobre 1779. Elle a eu pour parrain, Charles Emmanuel, comte de Saint Maurice, et pour marraine,
Anne-Thérèse de Saint Maurice, chanoinesse de Migette.
La moyenne cloche, du poids de 1830 livres, fut bénite en 1842. Elle a eu pour parrain, l’abbé Garessus, et pour marraine, Marie-Joseph Boiteux de Courcelles.
La petite cloche placée au clocher dans le courant du mois de septembre 1927, appartient à la commune de Courcelles. Cette cloche pesant de 250 livres, a été bénite en 1725. C’est la cloche de la chapelle ancienne de Courcelles.
L’église de Chaux est l’une des plus curieuses de notre diocèse, et mérite d’être visitée par les amateurs d’art religieux.
en téléchargeant le fichier PDF « CHAUX-LEZ-CHATILLLON » (taille : 4,946 Mo), vous pourrez lire toute l’histoire de l’église, écrite en 1909 par l’abbé LOYE, curé de Fleurey les Saint-Hippolyte, membre de l’académie de Besançon.
