située en Franche-Comté dans le département du Doubs

Courcelles

COURCELLES-LES-CHATILLON

 TOPONYMIE

Corcelle devant chatillon (1321), Corcelle (1417 – 1584), Courceles (1562), Corcelles-les-Chastillon-soubz-Maches (1564), Corcelles (1584 – 1623), Courcelles (1613), Courcelle (1686 – 1803), Courcelles-lès-Châtillon (par décret du 21 décembre 1961). 

CADASTRE

Premier cadastre établi en 1830. Territoire communal de 486 ha (1962). 

HAMEAUX

Le Méchet, Fontaine-Vie, Valbracon, La Neuve-Maison, Le Closet.

             Situé à 690 mètres d’altitude à la mairie, le village de Courcelles-lès-Châtillon est construit sur un haut – plateau jurassien à 860 mètres au Sud du territoire communal. Village sans église Courcelles-lès-Châtillon n’est qu’un hameau à l’habitat très dispersé, formé des anciennes métairies de la famille Faivre de Courcelles et de Sauvigney.

 HISTOIRE 

            Courcelles-lès-Châtillon relevait de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche, mais le prieuré de Vaucluse y possédait aussi quelques terres de mainmorte.

            La seigneurie de Domprel y tenait une terre appelée le « meix Clairon ». Parmi les décimateurs laïcs de ce village, citons Adrien de Crosey. Son fils, Jean, en fit la reprise le 23 juin 1584. En 1613, ces dîmes appartenaient à Barbe de Malpas, veuve de Jean de Crosey, seigneur de Vyt-lès-Belvoir et de Valonne. Elle les avait acquises pour la somme de 1.600 francs lors de la vente par décret des biens de demoiselle Isabeau de Crosey et des pupilles de celle-ci, Isabeau et Jeanne de Beaujeu, filles de feue demoiselle Jacques de Crosey.

Le roi d’Espagne racheta ces dîmes, qui rapportaient alors annuellement sept à huit bichots, moitié froment, moitié avoine, une livre de cire et dix blancs d’argent payable à la Saint-Martin d’hiver. Le conseiller Antoine de Brun possédait au début du      XVII ème siècle une dîme à Courcelles-lès-Châtillon et Froidevaux. Cette dîme de neuf bichots et demi fut amodiée à Jean Vadam en 1635.

            Plusieurs seigneurs ecclésiastiques prélevaient également des dîmes à Courcelles, dont le chapitre de la collégiale de Saint-Hippolyte (six bichots trois quartes), l’abbaye Saint-Vincent De Besançon, la chapelle Saint-Etienne de L’Isle-sur-le-Doubs, etc.

            Le droit de terrage dû aux seigneurs de Châtillon-sous-Maîche était de douze gerbes l’une et frappait l’ensemble des terres de Courcelles, à l’exception des communaux, du meix Clairon, de la terre du prieuré de Vaucluse et du meix Boucon et des du Cloz (120 journeaux).

            Les du Cloz, de Châtillon-sous-Maîche, et les Boucon de Courcelles, anciennes familles d’officiers seigneuriaux, possédaient, outre ces franchises de terrage, des quartes de four audit Courcelles dès le XVI ème siècle. Elles devinrent ensuite la propriété de la famille Colard, de Neuvier, et du curé de Chaux-lès-Châtillon.

            La guerre de Dix Ans décima la population. Des vingt-neuf feux recensés en 1614, in n’en restait plus que treize en 1688, alors que des familles suisses _ comme les Gouttevin, de Balierne (canton de Fribourg) _ étaient déjà venues repeupler en partie le village.

            Courcelles-lès-Châtillon fut le berceau de la famille Faivre, connue dès 1392. Cette famille posséda des charges de notaires, procureurs fiscaux et juges-châtelains à Châtillon-sous-Maîche, Belvoir, Vaucluse et Besançon. Anoblis par charge en la personne de Jean-Jacques-Frédéric Faivre, avocat au Parlement, né en 1673, époux de Marie-Philiberte de Sagey, ils portaient : « Fascé de gueules et d’argent de quatre pièces, la première chargée de trois étoiles d’argent ». Au XVIII ème siècle, le monastère de Vaucluse leur vendit un petit fief à Courcelles. A la même époque, les Faivres acquirent la chevance de Sauvigney, qui leur conféra le patronage de l’église paroissiale de Chaux-lès-Châtillon.

Dès lors, ils se firent appeler Faivre de Courcelles et de Sauvigney. La plupart des fermes de Courcelles étaient tenues par leurs fermiers : les Gouttevin, les Chognard, les Guillaume, etc. Pour administrer leurs terres, ils firent venir de Ferrière-le-Lac Claude-François Garessus (1717-1787) qui géra aussi les biens du marquis de Beligny et du chevalier de Saint-Mauris et ne tarda pas à faire fortune.

            Le démembrement des terres des Faivres de Courcelles commença avec la vente faite le 17 janvier 1754 à Jean-Noël Thiébaud, de Peseux, et Claude-Françoise Girard, sa femme, d’une maison sise au Val de Purgey et de quinze journaux de terres pour la somme de 1.300 livres, et s’acheva le 27 mai 1782 avec la saisie et la vente des dernières terres que possédait encore cette noble famille.

            Pendant la Révolution, Courcelles-lès-Châtillon est l’un des rares villages du Doubs à n’avoir pas rédigé de cahier de doléances. Il se vit qualifier de « nid d’aristocrates » par le district de Saint-Hippolyte, alors que Gabriel-Louis-Sabas Faivre de Courcelles, chevalier de Saint-Louis, était parti guerroyer dans les armées de la République, où il mourut en 1793 avec le grade de général de brigade. Cet ancien maître de camp des armées du roi avait contracté de nombreuses dettes qui obligèrent son frère Jean-Joseph-Théodore à vendre les derniers biens familiaux en 1794. Claude-François et François-Xavier Garessus, frères, fils de l’intendant, acquirent le château et s’y installèrent. Malgré les édits révolutionnaires, ils refusèrent de retirer la croix du toit de leur chapelle et continuèrent à sonner l’Angélus trois fois par jours, ce qui leur valut une amende de cent francs et un emprisonnement de dix jours à Saint-Hippolyte. 

            Le 6 mars 1795, Jean-Claude feuvrier, capitaine de la garde nationale de Courcelles, dénonça les prêtres Jean-Maurice Breuillot et Jean-François-Albin Huguenot qui célébraient des messes clandestines chez son lieutenant, Jean-Jacques Boichot, qui comparut le 2 avril devant le tribunal criminel présidé par Rougnon.   Celui-ci déclara que le délit lui paraissait être une atteinte à la sûreté intérieure de l’état et de la compétence exclusive du tribunal révolutionnaire de Paris. En conséquence il renvoya le prévenu devant les autorités de sa municipalité qui, complices dudit Boichot, s’empressèrent de le relâcher.

            A la suite d’un incendie provoqué par les étincelles d’un battoir mécanique, le château de Courcelles, qui appartenait alors à Auguste Garessus, fut entièrement détruit le 5 décembre 1907. Les pertes furent estimées à 35.000 francs. Seule la chapelle seigneuriale échappa aux flammes. 

ECONOMIE – SOCIETE

            Comme les autres sujets de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche, les habitants de Courcelles-lès-Châtillon furent affranchis en 1315. En 1417, quelques-uns d’entre eux, tels Etevenin Petitperrin, Hugues Gorrin, Jehan Pequeignot (Péquignot), Jehan Laisier (Aisier)… résidaient à Châtillon-sous-Maîche, où ils remplissaient des fonctions d’officiers seigneuriaux. Ils étaient alors qualifiés de franc-bourgeois. Les habitants de Courcelles étaient tenus de faire le guet à Châtillon.

            Après avoir beaucoup souffert de la guerre de Dix Ans, l’agriculture semble avoir connu un nouveau déclin au XVIII ème siècle. En 1688, on dénombrait cinquante chevaux, cent sept bêtes à cornes, trente-sept porcs et cent dix-neuf moutons, alors qu’en 1755 on ne comptait plus que quatre chevaux, trente-huit bêtes à cornes, neuf porcs et soixante et un mouton, mais ces derniers chiffres ne comprenaient peut-être pas le bétail des Faivre de Courcelles en bail chez plusieurs fermiers des environs. Les récoltes de froment, de seigle, d’avoine et de menus grains étaient amodiées en 1755 pour la somme de 1.325 livres.

            Au XIX ème siècle, l’artisanat est représenté par une tuilerie construite par Claude-Joseph Thièbaud de Peseux, vers 1830, près de la métairie du Méchet. Le ferrage des chevaux, pratiqué dès le début du XVIII ème siècle par la famille Chognard, était encore une des activités de Courcelles en 1960.

            Les cent six bovins dénombrés en 1909 alimentaient une fromagerie à emmenthal qui travaillait 500.000 litres de lait en 1929.

 HISTOIRE RELIGIEUSE

            Dès le XII ème siècle, le village de Courcelles-lès-Châtillon relève de l’église-mère de Chaux-lès-Châtillon. Alors que JeanFaivre le Jeune, notaire, et Claudine de La Grange (alias Delagrange), sa femme, fondèrent en l’église de Chaux la chapelle de Saint-Jean-Baptiste et Sainte-Agathe, en 1632, Jean-Ferdinand Faivre, leur fils, juge-châtelain de la seigneurie de Vaucluse et Marie-Antoine Magnin, son épouse, firent construire une chapelle domestique dans leur château de Courcelles, en 1671, sous le vocable du seigneur Jésus et de la Vierge, Reine de la Paix. Cet édifice, qui porte l’inscription : DEO FILIO VIRGINIQUE MATRI PACIS VOTA, est la seule partie du château qui ait échappé à l’incendie de 1907.