située en Franche-Comté dans le département du Doubs

Chaux

CHAUX-LES-CHATILLON


TOPONYMIE
Chalo (1177), Chaus (1275), Calce in Montana (fin du XIII ème siècle), Chaulx (fin du XIV ème siècle), Chaux en Montagne, Chaux sur maîche, Chaux sur Saint-Hippolyte (XV ème – XVII ème siècle), Chault in Montana, Chaux-lès-Châtillon (1743), nom confirmé par le décret du 21 décembre 1961.
 CADASTRE
 Cadastre établi en 1830. Territoire communal de 149 ha, dont 19.7 en forêt (1970). Carte Cassini Chaux sur la carte Cassini(169Ko)
A 713 mètres d’altitude, Chaux-lès-Châtillon est un hameau dominant les vallées du Doubs et du Dessoubre. La majeure partie du village est groupée autour de l’église.
HISTOIRE
Chaux-lès-Châtillon est le berceau d’une ancienne famille féodale. Jean de Chaux, écuyer en 1310, chevalier en 1317-1321, est père d’Etienne (alias Estevenin) de Chaux dit Porc, écuyer, châtelain de Maîche en 1361. Ce dernier épouse Jeannette, fille de Perrin Broigne, de Longevelle, écuyer, qui lui donne une fille, Jehannette, femme de Jehan dit Siblat de Trévillers, écuyer, et un fils, Girard , écuyer, vassal du seigneur de Neufchâtel-Bourgogne en 1388. La famille de Chaux-en-Montagne semble s’éteindre vers 1390-1400.
Si la quasi-totalité du village relevait de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche, où les habitants étaient d’ailleurs tenus de monter la garde en temps de guerre et de faire leurs montres d’armes devant le capitaine-châtelain, deux petits fiefs y possédaient aussi quelques droits féodaux. La « chevance de Sauvigney », qui s’étendait sur une trentaine de villages de la région de Sancey, comprenait des censes foncières (en particulier sur la maison Bonvalot, appelée aussi parfois la maison Chognard), diverses quantités de froment et d’avoine sur les dîmes et un droit de patronage de cinq florins sur l’église de Chaux-lès-Châtillon. A la suite d’alliances, ce fief, qui appartenait initialement à l’ancienne maison de Sancey, échut à Jean et Henri de Baumotte, qui en étaient seigneurs en 1488. Une reprise effectuée le 4 juillet 1545, devant la chambre des Comptes de Dole, par Jean de Baumotte, écuyer, et son pupille, Guillaume de Baumotte, héritiers de Jean de Baumotte, écuyer, seigneur de Sauvigey, décrit cette chevance, qui rapportait alors annuellement 3.500 francs de revenus.
En 1567, elle était la propriété d’Antoine d’Orsans, écuyer, qui la vendit en 1572 à François Huot d’Ambre et à demoiselle Marguerite Lulier, son épouse. Cette dernière en fit la reprise le 27 février 1584. Jean-Baptiste Huot, leur fils, et les descendants de celui-ci la possédèrent jusqu’au début du XVIII ème siècle, époque à laquelle elle fut acquise par les Faivre de Courcelles, qui prirent le titre de seigneurs de Sauvigney.
Les Huot d’Ambre possédaient un second petit fief à Chaux-lès-Châtillon, hérité de noble Nicolas lulier, trésorier général du comté de Bourgogne, leur aïeul. Ce fief, composé essentiellement de quartes de four sur le « meix des Sagey », avait été vendu par messire Antoine de Sagey, prêtre, demeurant à Chaux, à Nicolas Lulier, le 30 avril 1551. Ces droits féodaux passèrent ensuite à Marguerite Lulier, femme de noble François Huot, puis à Léonard Huot, leur fils, époux de Béatrix de Saint-Mauris. Le « meix des Sagey » relevait de la seigneurie de Laviron.
Lors des guerres de religion du XVI ème siècle, les troupes lorraines, conduites par le duc de Guise et le marquis de Pont, passèrent par Chaux-lès-Châtillon et Saint-Hippolyte, « lieux forts montagneux et quasi inaccessibles », avant d’envahir le comté de Montbéliard, durant l’hiver de 1587 à 1588.
La guerre de Trente Ans décima et ruina le village qui, de onze feux en 1614, n’en comptait plus que quatre en 1657 et en 1688. Ce dépeuplement explique le refus des habitants de Chaux-lès-Châtillon et des autres villages de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche de fournir quatorze hommes par jour pour la garde du château et 24 « courvoyeurs », lors de la seconde conquête de la Franche-Comté par les troupes de Louis XIV. Ils adressèrent une supplique au gouverneur en lui exposant que « leurs villages n’étant composés que de trois ou quatre résidences pour la plupart des étrangers qui se retirent journellement », ils ne pouvaient à la fois fournir des hommes pour la milice de la province et pour la garde de la forteresse de Châtillon-sous-Maîche. Le gouverneur refusa d’accéder à leur requête.
Dans leur cahier de doléances, rédigé en mai 1789, les habitants de Chaux-lès-Châtillon se plaignent des dîmes prélevées par les chanoines de Saint-Hippolyte et ce, d’autant plus que les deux tiers des habitants mendient leur pain. Une société Montagnarde et Populaire se créa et rassembla une trentaine de membres sous la présidence de Pierre-Joseph Socié-Girard, de Solemont. Le secrétaire en était Pierre-Claude Boucon, ancien maître d’école et maire de Valoreille. Le 14 décembre 1793, la Société de Chaux-lès-Châtillon demanda et obtint l’emprisonnement dans l’ancien prieuré de Vaucluse de huit habitants de Feule et de deux de Dampjoux.
Joseph-Hippolyte Barberot, notaire à Courcelles-lès-Châtillon, et une quinzaine de membres du club se réunirent le 11 décembre 1797 pour provoquer la déchéance de 23 administrateurs du canton de Saint-Hippolyte, dont Pierre-François Clerc, adjoint de Chaux-lès-Châtillon.
ECONOMIE – SOCIETE
En 1688, le village comptait sept maisons, vingt habitants, onze chevaux, dix sept bovins et quarante moutons. En 1755, le nombre de bovins est passé de dix sept à trente cinq et rois charrues permettaient de maigres récoltes : quatre cent mesures de froment, trois cent quatre vingt mesures d’avoine et vingt mesures de menus grains.
Le parcours du bétail posait d’incessants problèmes en raison de communaux indivis avec les villages voisins. Les procès commencés en 1528 contre Dampjoux, Châtillon-sous-Maîche, Neuvier, Courcelles-lès-Châtillon et Froidevaux ne s’achevèrent qu’en 1780.
Une grande partie des terres était la propriété du curé ou des chapelains de Chaux-lès-Châtillon, qui les louaient aux paysans. Ceux-ci, très pauvres, ne pouvaient pas toujours payer leurs fermages, d’où de fréquents procès qui se terminaient parfois par des foires franches.
Après la guerre de Dix Ans, quelques fermiers originaires de l’ancien évêché de Bâle tentèrent de s’installer à Chaux-lès-Châtillon, mais, après quelques années d’exploitation, ils durent quitter le village qui ne pouvait assurer leur subsistance.
Pour tenter d’alléger leur condition, les habitants de Chaux et de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche s’opposèrent au terrage prétendu par Elisabeth de Lorraine, épouse de Louis de Melun, prince d’Epinoy. L’affaire fut portée devant le Parlement de Besançon en 1743. Dix-sept ans plus tard, l’arrêt rendu ruinait les espoirs des sujets de la seigneurie.
La situation économique se dégrada encore dans la seconde moitié du XVIII ème siècle. Lors de la disette de 1771, l’intendant de la province fit avance de quatre mille livres d’orge et d’avoine aux habitants de Chaux-lès-Châtillon, tant pour les semailles que pour leur subsistance. Le curé fut chargé de distribuer ces graines.
Au XX ème siècle, le dépeuplement s’accentue, puisqu’on ne comptait plus qu’une vingtaine d’habitants dans le village lors de son rattachement aux Terres-de-Chaux.
En 1909, l’agriculture était représentée par un modeste élevage (dix chevaux, trente-quatre bovins, quatre ovins et onze porcins) et quelques cultures : cinq ha de blé, quatre d’avoine et un de pommes de terre. Quant à l’artisanat, on ne recense qu’un mécanicien en 1921 et un cordonnier en 1940-1950.
HISTOIRE RELIGIEUSE
La paroisse de Chaux-lès-Châtillon était l’une des plus grandes du diocèse de Besançon. Elle comprenait les villages de Chaux-lès-Châtillon, Neuvier, Châtillon-sous-Maîche (et son château), Péseux, Courcelles-lès-Châtillon, Fleurey, Valoreille, Froidevaux, Blanchefontaine et de nombreux hameaux, dont certains à plus de deux heures de marche de l’église-mère. L’église fut érigée entre 1120 et 1139, et relevait alors de l’abbaye Saint-Paul de Besançon. Le patronage de la paroisse est transféré au prieuré voisin de Lanthenans entre 1147 et 1177. Les seigneurs de la chevance de Sauvigney étaient également collateurs de la paroisse, en alternance avec les prieurs de Lanthenans. (cf église)
La paroisse de Chaux-lès-Châtillon est probablement née d’un démembrement de l’ancienne paroisse de Sancey. Cette séparation s’opéra sans doute lors de la naissance de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche, au début du XII ème siècle.